COMPTE-RENDU DE LA COMPÉTITION INTERNATIONALE DE KETTLEBELL (PARIS, 29 & 30 JUIN 2019)

Samedi 29 et dimanche 30 juin se sont déroulées à Paris deux compétitions internationales de Kettlebell placées sous l’égide de la fédération IUKL (International Union of Kettlebell Lifting) :
> Le Championnat d’Europe Jeunes des moins de 16 et 18 ans (& Jeux Européens)
> La Coupe d’Europe Senior (& Grand Prix)

Au départ de cet événement, il y avait le désir des membres de la Commission Sportive Nationale de Kettlebell (CSNK), épaulé par Stéphane HATOT, d’organiser une compétition internationale à Paris.

Il s’agissait d’une première étape destinée à crédibiliser ce sport très méconnu en France.

Un dossier de candidature a été présenté l’été dernier à l’IUKL, qui a donné son accord en novembre.

C’était la première fois qu’une compétition de ce niveau était organisée en France et c’était une très lourde responsabilité pour la Société Athlétique Montmartroise qui était en charge de l’événement.

Il ne fallait pas décevoir l’IUKL qui déléguait onze de ses représentants, membres du Comité Directeur et arbitres internationaux.

Pour la petite histoire, il y a plusieurs fédérations internationales mais l’IUKL est la plus importante par son antériorité et le nombre de pays représentés.

La force de l’IUKL est aussi d’accueillir la fédération russe qui possède un réservoir d’athlètes énorme tant en quantité qu’en qualité. On s’en aperçoit très vite d’ailleurs que les athlètes russes sont au-dessus du lot.

Pour l’équipe de la Montmartroise, le défi était important car l’organisation impliquait d’accueillir  une centaine d’athlètes et d’installer six plateaux de compétitions.

On peut remercier tous ceux qui ont œuvré au mépris des heures passées, certainement au-delà du raisonnable et jusqu’au bout de leur engagement à la réussite de cet événement.

Et deux « Dames de Fer » tout particulièrement …

Elisabeth CAYREL qui est une organisatrice remarquable ; veillant au moindre détail et trouvant des solutions à tout et spécialement quand ça semble insoluble.

Elena TCHEKANOVA ;  russophone et interlocutrice privilégiée de la majeur partie des participants. Elle était partout pour conseiller, aider, gérer les impondérables et les demandes de dernière minute.

Le Championnat d’Europe et les Jeux Européens des moins de 16 ans et moins de 18 ans

Dans ce Championnat, les garçons de moins de 16 ans utilisent la kettlebell de 16kg et les filles la kettlebell de 12kg. Les garçons de moins de 18 ans utilisent la kettlebell de 24kg et les filles la kettlebell de 16kg.

Il y a désormais une diversité d’épreuves assez importante proposée aux athlètes. Toutes durent dix minutes :

> Championnat d’Europe des garçons :
– Biathlon (jeté à deux bras + Arraché à un bras = 2-J + S) ;
– Épaulé-jeté à deux bras (2-LC).

> Championnat d’Europe des filles :
– Arraché à un bras (S) ;
– Biathlon (jeté à deux bras + Arraché à un bras = 2-J + S) ;
– Épaulé-jeté à deux bras (2-LC).

> Jeux Européens des filles et garçons :
– Jeté à un bras (1-J)
– Épaulé-jeté à un bras (1-LC)

NB :  on a le droit de changer de bras une seule fois au cours de l’épreuve.

Tout cela fait beaucoup de résultats à gérer. Pour mieux les comprendre, il suffit de calculer le tonnage soulevé par l’athlète au cours de l’épreuve.

Ainsi, par exemple, dans la catégorie -53kg / -16 ans la russe Anastasiia Koshurnikova a établi un record du Monde de l’épaulé-jeté à deux bras en  soulevant 117 fois deux kettlebell de 12kg. Son total est donc de 2808 kg.

Elle est suivie de l’estonienne Laura Katlas avec 82 levées soit 1968 kg. En troisième position, l’ukrainienne Anna Zahrebelna réussi 75 levées soit 1800 kg.

Les délégations russes, ukrainienne et kazakhs étaient les plus fortes. D’un point de vu général, on a assisté à une domination des russes avec beaucoup de records du Monde à la clef. C’est peu dire que le niveau de la compétition était exceptionnel.

Evelyne CIRIEGI, Présidente du Comité Régional Olympique et Sportif d’Île-de-France, nous a fait l’honneur d’assister à cette compétition et tout ce qu’elle a vu lui a plu.  Elle était vraiment admirative de tous ces jeunes athlètes de moins de 18 ans qui prouvent que l’usage intelligent des charges n’est absolument pas néfaste à leur développement.

Elle a compris que c’est un sport qui peut se pratiquer pratiquement n’importe où, même dans les espaces les plus réduits, et dont l’agrès est simple et pas cher. Ancienne professeur d’EPS, elle a vu tout l’intérêt que pouvait présenter la discipline en milieu scolaire.

La Coupe et le Grand Prix d’Europe

Le distinguo entre ces deux compétitions est simple. La Coupe est pour les « professionnels » dans la terminologie de l’IUKL, ce qui signifie que les hommes manient la kettlebell de 32kg et les femmes celles de 24kg. Le Grand Prix est pour les « amateurs » avec la kettlebell de 24kg pour les hommes et de 16kg pour les femmes.

Pour le reste, les épreuves sont les mêmes que celles du Championnat d’Europe des Jeunes.

C’est une compétition qui a du mal à se trouver un public car les athlètes préfèrent souvent se préparer pour le Championnat d’Europe. De plus, ces derniers se déroulaient juste un mois avant à Stolberg en Allemagne. Il y a aussi les dépenses induites par le voyage et qui peuvent en freiner beaucoup.

On ne s’attendait donc pas à une énorme participation jusqu’à l’arrivée des inscriptions et là on a eu droit à une formidable surprise ! Les russes nous envoyaient une brochette de champions, quasiment des légendes : Dzhoni Benidze, Vladimir Gurov, Anton Anasenko, Aleksandra Vasileva, Irina Martynova, etc.

Certains sont de véritables phénomènes.  Je pense notamment à Dzhoni Benidze, dont le poids de corps est de 63kg est qui est capable de jeter 101 fois deux kettlebells de 32kg. En 6 minutes, il a soulevé 6464 kg… Pendant ce temps, son concurrent immédiat effectuait 35 jetés (2240 kg)…

Nul doute qu’il s’agissait plus pour ces athlètes d’une occasion de voir Paris que d’un événement majeur de leur carrière sportive. Qu’importe, le spectacle était exceptionnel.

Le bilan

Pour tous les français présents, ça a été extrêmement enrichissant. Ainsi, quelques arbitres français ont eu le privilège d’effectuer un stage. Passer de l’autre côté du compteur permet de se rendre compte des exigences techniques demandées par les arbitres internationaux et de s’imprégner des règles d’arbitrage des compétitions de haut niveau.

Les échanges avec les entraîneurs étrangers sur les techniques observées et les méthodes d’entraînement étaient également intéressantes même si au final il n’y a pas de mystères : les meilleurs sont ceux qui subissent une préparation extrêmement intensive.

Mais le plus gratifiant était que tout le monde semblait heureux et détendu. Ne dit-on pas que Paris est une fête …

Cette réussite devrait déboucher sur d’autres événements. Espérons simplement qu’ils attireront un plus large public.

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